CRITIQUES DU MOUVEMENT MODERNE

 

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ROBERT VENTURI    KENETH FRAMPTON   CHARLES JENCKS
 ALDO ROSSI     MARIO BOTTA    RICARDO BOFILL

et d’autres

L’architecture moderne est un sujet qui a  suscité la fureur, la malice, ou l’esprit mais toujours le désaccord. C’était vrai lorsque le révolutionnaire « Bauhaus » a suscité une violente tempête de controverses dans l’Allemagne d’Hitler, et c’est vrai aujourd’hui, quand les profanes ou les architectes professionnels discutent des bâtiments tels que le complexe du Lincoln Center à New York.

Charles Jencks donne une nouvelle évaluation des conceptions de Frank Lloyd Wright, Le Corbusier, Walter Gropius, Alvar Aalto, Gropius, Mies van der Rohe, Buckminster Fuller et bien d’autres. Il aborde également les principaux exemples d’œuvres américaines et britanniques récentes.

Il offre une critique approfondie de l’esthétique de l’architecture moderne. Mais Jencks va au-delà des considérations esthétiques pour montrer le contexte social et politique de l’architecture moderne. Son dernier chapitre, intitulé « Architecture et révolution », démontre la nécessité d’une relation vitale entre l’art et la politique au XXe siècle.

Apparue dans les années 1960, l’architecture postmoderne est à l’origine d’œuvres singulières, originales et irrévérencieuses qui s’opposent frontalement aux standards du style international moderniste. Elle émerge tout d’abord aux Etats-Unis et en Europe, puis se répand rapidement à travers le monde en prenant plusieurs formes.

NAISSANCE DE L’ARCHITECTURE POSTMODERNE

L’architecture postmoderne apparaît dans les années 1960/70 en tant que réaction critique au modernisme, et notamment au style international prôné par Le Corbusier et Ludwig Mies van der Rohe. Pour les précurseurs de ce qui n’est pas encore un courant architectural clairement défini, il s’agit d’introduire une rupture radicale par rapport au mouvement moderniste ; ces derniers, à l’image des architectes américains Robert Venturi et Charles Jencks, ou de l’architecte italien Rossi, remettent en cause la rigidité du modernisme, son uniformité, le manque d’ornements constaté sur ses œuvres et son habitude d’ignorer l’histoire et la culture des villes où les œuvres sont conçues.

UNE EVOLUTION CRITIQUE DU MODERNISME

Avec le postmodernisme, l’idée est donc de mettre fin à l’architecture moderne (et des courants artistiques qui y sont liés) et à l’utopie de perfection qu’elle défendait alors. Pour cela, les architectes appellent à utiliser des matériaux inhabituels, à réintroduire dans les œuvres des allusions historiques, et à combiner subtilement des éléments de la culture savante et de culture populaire pour pouvoir être compris par le plus grand monde et réussir à préserver le tissu historique et les traditions locales des villes dans lesquelles elles sont créées. Robert Venturi, l’un des principaux théoriciens de la postmodernité en architecture, résume en 1966 : « je parle d’une architecture complexe et contradictoire basée sur la richesse et l’ambiguïté de l’expérience moderne ».

EN ITALIE

Dans les années 1960, apparaît sur la scène architecturale italienne une nouvelle génération que l’on pourrait qualifier de génération du renouveau. Ces jeunes architectes veulent refonder leur discipline en opérant une rupture. Rupture avec les dogmes et les formes des avant-gardes véhiculés par le style international.
« Il y a aujourd’hui des problèmes nouveaux qui ne peuvent être résolus avec le langage appauvri des modernes, ce langage qui est réduit à un système géométrique élémentaire »écrit Paolo Portoghesi, architecte, historien et l’un des théoriciens du mouvement. Ces jeunes gens, avant de passer à l’acte de construire, vont d’abord conceptualiser une nouvelle relation à la ville et à l’architecture par une relecture du fait urbain et un retour à l’histoire.

Portant un regard critique sur les réalisations de leurs prédécesseurs, leur propos est d’instaurer une stratégie du projet qui intègre les changements économiques et sociaux en cours dans le pays, selon une lecture marxiste de la société. Avant de constituer pleinement un mouvement dont le chef de file sera Aldo Rossila Tendenza va d’abord se formaliser à travers des écrits publiés par les revues spécialisées, des cours dispensés au sein des écoles d’architecture et des travaux de recherche édités sous forme d’ouvrages. Le débat qui se déroule alors en Italie se déploie en plusieurs lieux, Milan, Rome et Venise, en relation étroite avec les écoles dans lesquelles ces architectes mènent une activité d’enseignant mais aussi de chercheur.

LES GRANDES CARACTERISTIQUES DE L’ARCHITECTURE POSTMODERNE

Suite aux thèses formulées par Venturi, Jencks ou Rossi, de nombreux architectes répondent à l’appel en France, au Japon, en Espagne, en Australie et dans le reste du monde. L’architecture postmoderne va alors prospérer dans les années 1980 et 1990, puis se divise en une multitude de tendances. Malgré cette diversité de formes, il est possible de dégager plusieurs grandes caractéristiques au postmodernisme dans le domaine de l’architecture :

  • Une rupture radicale avec le fonctionnalisme du modernisme, son utopie de perfection et son refus de l’ornementation ;
  • Le retour de l’ornement et de la référence architecturale ;
  • La priorité aux façades des immeubles, qui doivent intégrer des éléments historiques et culturels ayant un fort pouvoir évocateur sur le public ;
  • La recherche de la joie de l’exubérance, de la juxtaposition des époques architecturales, de l’exagération (ou au contraire de la retenue) pour créer des œuvres originales, surprenantes, espiègles, voire provocatrices ;
  • L’emploi des symétries ;
  • La réintroduction de la couleur ;
  • La mise en valeur de nouvelles techniques et de nouveaux procédés de construction ;
  • La revendication d’une continuité historique et du respect de l’existant.

 

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