Journée Nationale de l’Architecture octobre 2024

VISITE DES  SITES UNIVERSITAIRE D’AIX EN PROVENCE
par FABIENNE MAGNAN
Organisée par l’ASSOCIATION DEVENIR
le 18 octobre 2024 dans le cadre des Journées nationales de l’Architecture

Une promenade Nord sud  qui  a permis d’apprécier l’intérêt et la qualité des réalisations et d’échanger avec les participants et le monde universitaire (étudiants et enseignants) sur le concept d’ouverture de l’université sur la ville. L’espace Robert Schuman, situé à proximité immédiate du centre ancien est  le quartier universitaire d’Aix-en-Provence a été l’objet de cette visite.

 

Une vieille histoire d’amour

En l’an 1409, en reconnaissance du soutien du comte de Provence Louis II d’Anjou, le Pape Alexandre V scella l’acte de fondation de l’université d’Aix. Il faut dire que le comté de Provence était orphelin de sa faculté, depuis que les papes avaient acquis en 1348 la cité d’Avignon, siège de l’université créée en 1303. Fondée le 9 décembre 1409, l’université d’Aix permit au Comte de Provence Louis II d’Anjou d’affermir son autorité et à la cité de confirmer son rôle de capitale du comté. Le pape Alexandre V prend une bulle papale pour confirmer la création de l’université qui s’installe rue Gaston Saporta à l’Ouest de la cathédrale Saint Sauveur sur le site actuel de sciences Po et dans l’hôtel Maynier d’Oppede

Ainsi s’enracine la tradition universitaire à Aix, qui disposait dès l’origine d’une faculté de Droit enseignant le droit canonique et le droit civil. Elle se trouvait alors en face de la cathédrale. Puis elle sortit du centre ancien, notamment avec la hausse des effectifs au XXe siècle.

Les « nouvelles facultés », dont les travaux furent confiés aux architectes Jean Boët et Pierre Sardou, puis à Fernand Pouillon, ouvrirent leurs portes avenue Robert Schuman en 1953, abritant alors les facultés de Droit et de Lettres.

 

La Faculté de Droit

En 1933 L’Architecte Jean Boët commence à travailler sur le bâtiment principal de la faculté de droit.
En 1936, la municipalité décide de construire les nouvelles facultés à leur emplacement actuel et confie l’étude du projet à Jean Boët, architecte du gouvernement, qui définit une première esquisse néo-classique. Celle-ci ne sera pas retenue.
Le projet s’inscrit dans la lignée académique et reflète les formules dispensées par l’École des beaux-arts de Paris. La référence est la Villa italienne, profitant de la dénivellation du terrain pour jouir de la vue et de l’orientation plein ouest.
Dès 1940, Pierre Sardou Architecte en chef des Monuments historiques et Jean Boët s’associent pour élaborer le projet de bâtiment principal de la faculté de droit.
La référence apparaît plus clairement : c’est la villa Médicis, où séjournent les boursiers du gouvernement français ayant reçu le Grand-Prix de Rome. Le grand hall du rez-de-chaussée du bâtiment d’enseignement s’ouvre par un portique posé au-dessus d’un emmarchement monumental et distribue deux amphithéâtres. C’est un espace commun aux deux facultés. Deux campaniles dans le style romain encadrent le corps central. Les détails comme les encadrements de baies renvoient à l’architecture de la Renaissance italienne.
Le décès de Jean Boët en 1940 est une invitation à rechercher une nouvelle maitrise d’œuvre.
En 1947 Le ministère de l’éducation nationale confie le projet à René Egger, conseiller technique du ministère. René Egger demande à son associé Fernand Pouillon qui demeure à Aix-en-Provence, de s’en charger.

L’Architecte Pierre Sardou alors âgé de 74ans, ne souhaite pas poursuivre cette opération.

Le bâtiment principal de la faculté de droit est de facture classique avec un corps central et deux campaniles La façade principale présente un soubassement en pierre blanche massive. Les encadrements de baies sont en marbre blanc. Les menuiseries sont en bois avec des stores extérieurs. Le corps central présente 5 travées couronnées en arcade et les baies sont en ferronnerie avec remplissage en verre. La toiture à quatre pans est couverte en tuiles creuses.

Pour l’aménagement intérieur des amphithéâtres, en 1952 Fernand Pouillon fait appel à Jean Prouvé, spécialiste depuis le milieu des années 1930 du mobilier scolaire dans la veine moderniste.

Fernand Pouillon redessine les espaces intérieurs avec plus de rigueur et complète le projet par la réalisation au Sud de deux cours de tennis avec leur pavillon. Celui-ci de facture plus contemporaine sera démoli en 1962.

Dans le cadre du Plan Campus le bâtiment principal de la faculté de droit a été restauré par le cabinet d’Architectes Jacques Fradin & Michel Weck.

En 1950, le projet de la bibliothèque de droit est aussi confié à René Egger et Fernand Pouillon en réalise l’étude. Le projet doit reprendre l’esprit du Bâtiment principal.

L’entrée de l’université est décalée sur le côté et permet l’aménagement d’un jardin clos en contrebas qui permettra de créer la roseraie.

Cet édifice remarquable par son plan, sa fonctionnalité et son style a été labellisé « Patrimoine du XXe siècle » en 2006.

En 1954 la Bibliothèque est achevée. En 1955 le bâtiment principal de la faculté de droit, œuvre de Jean Boët, Michel Sardou, René Egger et Fernand Pouillon, est inauguré.

 

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